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Lors des Jeux Olympiques d’Athènes, il avait été demandé à Jacqueline de Romilly, de l’Académie française, d’écrire un texte pour le programme officiel de la cérémonie d’ouverture.

Nous vous l’adressons ci-dessous en intégralité :

 

Il est profondément émouvant de voir les Jeux Olympiques revenir dan s cette Grèce où ils virent le jour il y a près de trente siècles.

Le souvenir de leur éclat d’alors est venu jusqu’à nous par des statues de marbre consacrées aux vainqueurs ou aux dieux, et par des poèmes célébrant ces victoires. La beauté rejoignait le succès. Mais le plus beau est l’esprit même qui avait présidé à l’existence de ces jeux.

Ils constituaient une trêve, un arrêt des violences. Malgré le nombre des guerres entre cités les gens se rencontraient, à égalité, et participaient aux épreuves en observant des règles communes. C’était un premier pas vers l’union.

A la guerre, les Grecs d’alors préféraient donc la compétition. Ils nous ont légué cet usage ; ils nous ont légué le désir de se distinguer pour sa propre gloire et pour celle de sa cité, mais aussi pour le pur épanouissement des facultés humaines. Cet esprit vit encore dan s les compétitions sportives ; il régnait alors partout et il a grandement contribué aux créations multiples qui trouvèrent leur apogée dan s l’Athènes démocratique de Périclès. Ce fut le fameux « miracle grec ».

Cette impulsion première renaît et se ravive dan s les jeux actuels : les Grecs peuvent en tirer une grande fierté, et nous une non moins grande espérance. Le cœur du monde, aujourd’hui, bat à Athènes.

                                                               Jacqueline de Romilly

                                                               de l’Académie française

Et … en version officielle

 

Ven 25 aoû 2006 Aucun commentaire