Ce plan pourrait passer par quatre points :
o Un élargissement de la base de développement du sport pouvant conduire jusqu’au haut niveau
L’excellence est un processus, une voie à suivre qui y conduit. Il y a d’abord le plaisir, l’initiation, la compétition et enfin le plus haut niveau de performance pour les pratiquants attirés par une démarche volontaire d’excellence. Cela signifie donc que le nouvel élan pour le sport français ne doit pas se limiter au seul haut niveau stricto sensu. Il doit s’appuyer sur une base solide, offrant à chacun la possibilité de s’épanouir. L’élargissement de cette base passe par :
- une politique d’équipement volontariste, inscrite dans le temps. Il convient d’aider les collectivités à offrir les structures permettant la pratique et il convient de doter l’Etat des moyens de procéder aux constructions nécessaires au haut niveau ainsi qu’à l’accueil des compétitions internationales. L’accueil de manifestations sportives étant un excellent moyen d’améliorer les installations, il serait nécessaire de définir une stratégie nationale d’accueil des grandes compétitions sportives. Cette mission pourrait faire l’objet d’une programmation pluriannuelle et être confiée au comité national olympique et sportif français (CNOSF).
- La réaffirmation de la place de l’éducation physique au sein de l’Education Nationale car l’un des stimulants de la pratique sportive est l’apprentissage offert par l’éducation physique à l’école. Il pourrait être envisagé que l’accueil par la France, de grands événements sportifs internationaux (jeux olympiques, championnats du monde, championnats d’Europe), soient l’occasion d’une revitalisation des sports concernés en milieu scolaire, la médiatisation des événements renforçant l’émulation. Ces événements sportifs pourraient aussi offrir un cadre pour l’engagement de jeunes volontaires pour accueillir les délégations, participer à l’organisation de la compétition dans l’esprit de ce qui se produit pour les jeux du Commonwealth. A titre d’exemple, ils pourraient être formés aux langues étrangères dans un but défini. Ces événements sportifs pourraient également être systématiquement l’objet d’échanges internationaux qui permettraient aux jeunes Français de faire découvrir la culture française aux jeunes des pays participants. L’organisation des championnats d’Europe devraient faire l’objet, de manière prioritaire, de ce type d‘échanges qui contribuent indéniablement à la diffusion du sentiment d’appartenance à l’Europe
- La question des coûts, la nécessité d’une offre de pratiques plus diversifiées que celles usuellement offertes par les clubs ainsi qu’un encadrement de qualité constituent les autres points clé du développement de la pratique. Sur le premier point la création d’un fonds dédié pourrait être envisagé afin de grouper tout ce qui existe déjà. La solidarité doit d’abord s’organiser en interne au mouvement sportif (exemple : contribution de 1 euro sur chaque licence sportive. Il y a 14 millions de licences qui sont délivrées annuellement par les fédérations sportives) ce qui justifierait que la gestion de ce fonds soit confiée au CNOSF. Les communes et les structures intercommunales pourraient être missionnées sur la question d’une offre de pratiques mieux adaptée aux besoins du public. La mutualisation des objectifs, des équipements, des moyens trouverait une réelle pertinence dans un cadre intercommunal. L’encadrement doit quant à lui se professionnaliser et bénéficier d’un volume d’emplois aidés (de 5 à 10 000) à peu près constant. Car sans cet élément structurant, il sera difficile de progresser par rapport à l’existant.
- Une fois tous ces éléments en place, il serait possible de mettre en place une campagne nationale de « marketing social » pour promouvoir le sport au sein de l’ensemble de la population française (travail conjoint avec les médecins pour promouvoir les bienfaits de l’activité physique et sportive, mobilisation des athlètes pour qu’ils fassent la promotion du sport dans les écoles et auprès du grand public, diffusion d’annonces audiovisuelles,…)
o Placer les sportifs de haut niveau en situation de réussite
Pour parvenir à l’excellence, les sportifs et leurs entraîneurs ont besoin d’une multitude de services : recherche appliquée au sport, psychologie sportive, médecine, installations sportives, soutien financier, formation, débouchés après la carrière sportive,… L’Institut national du sport et de l’éducation physique (INSEP) a vocation à organiser directement et en réseau l’apport de tous ces services. La rénovation du bâtiment doit être l’occasion de redéfinir le projet de l’INSEP de sorte à l’orienter davantage vers les personnes (athlètes et entraîneurs) que vers les institutions (fédérations et ministère). Des partenariats pourraient ainsi être passés avec des universités, des hôpitaux afin de bénéficier du matériel de pointe, des échanges doivent s’organiser à l’échelle européenne afin de sortir d’une vision des filières de haut niveau autocentrée et hermétique à ce qui se passe à l’extérieur…Ce nouveau projet suppose de s’appuyer sur un réseau de structures diverses qui contribuent, chacune dans leur cadre, à une offre de service de très grande qualité : structures médicales, de recherche, de formation et d’entraînement (écoles nationales, CREPS, centres d’entraînement fédéraux ou « teams » privés). Ceci suppose un projet ouvert sur l’extérieur. Il mériterait de faire l’objet d’une loi afin d’identifier un statut « sur mesure » car ces missions ne correspondent actuellement à aucune formule juridique existante. Il gagnerait à être présidé par une personnalité reconnue, faisant autorité dans le sport, extérieure à l’Etat qui a tendance à induire un fonctionnement trop recentré sur ses seules préoccupations ou réseaux.
La question des débouchés professionnels des athlètes de haut niveau, une fois leur carrière terminée est également cruciale. Trop de sportifs de haut niveau se retrouvent sans perspective une fois leur carrière terminée. La notion de double projet sportif et professionnel est bien affirmée, mais elle nécessiterait une traduction effective pour chaque sportif qui a défendu les couleurs de son pays. Ce sujet suppose un rapprochement à organiser avec le secteur de l’entreprise. Un consortium fonctionnant de manière permanente regroupant les entreprises, les fédérations et l’Etat pourrait être constitué à cet effet ( connaissance des métiers de l’entreprise, organisation de rencontres, intervention des sportifs au sein des entreprises, formation pouvant y conduire, financement)
o Corriger nos points faibles et mettre l’accent sur nos forces
Assurer la relève
L’un des problèmes récurrents auquel est confronté le sport de haut niveau français est la question de la relève, c'est-à-dire les espoirs qui forment la prochaine génération. Ces catégories doivent donc constituer le fondement de notre système du haut niveau afin de déceler les talents, à les faire progresser pour qu’ils rejoignent les pôles et les équipes nationales.
Défendre une approche différenciée, discipline par discipline
Il s’agit ici de mieux analyser les chances de médailles. On sait que certaines disciplines sont coûteuses en termes de préparation et n’ont que peu de chances de ramener des médailles. A l’inverse, d’autres présentent des chances plus importantes. Par exemple, la délégation française à Athènes comptait 30% de femmes qui ont remporté 50% des médailles. On sait également que les sports collectifs nécessitent de préparer toute une équipe, avec l’espoir de ramener une médaille. A l’inverse, en sports individuels, chaque compétiteur peut potentiellement ramener une médaille…Il serait intéressant de pousser l’analyse et d’en tenir compte pour définir une politique de soutien à l’excellence.







