Sport et Humanisme
Le sport occupe aujourd’hui, dans notre société, une place de premier plan.
Répondant au besoin d’exercice physique ressenti par chacun dans le cadre d’un mode de vie de plus en plus sédentaire, le sport permet aux individus de s’exprimer pleinement et, dans le même temps, de reformer une sorte de « micro-société ». On s’y exprime et on y prend des responsabilités dans le cadre d’associations sportives. On y recherche des émotions qui, dans certains cas, sortent des enceintes sportives pour gagner une large part de la population et s’exprimer dans une forme de rituel collectif. Le sport représente également une échappatoire, laissant place au rêve dans une société qui en manque.
Il fait l’objet d’enjeux sociaux, médiatiques et économiques qui lui confèrent une posture originale.
Porteur de tous ces enjeux, il n’est pas étonnant que le sport présente une dimension politique. C’est à ce titre qu’il fait l’objet de politiques publiques dans lesquelles, en France, l’Etat joue un rôle d’impulsion majeur (réglementation, choix des orientations, délégation de mission de service public aux fédérations sportives). Mais, comme dans beaucoup d’autres secteurs, le rôle conféré à l’Etat aurait besoin d’évoluer afin d’offrir une meilleure adéquation avec un environnement qui a profondément changé :
- les acteurs intervenant dans le domaine du sport sont plus nombreux (collectivités locales, fédérations sportives et entreprises privées), sans que les rôles respectifs aient été précisés ce qui fait que leurs objectifs se recoupent souvent et les moyens se diluent ;
- les fonctions attendues du sport sont plus vastes. Le projet sportif stricto sensu peut s’enrichir de dimensions éducatives (apprentissages informels), sociales (respect de la règle et règle de comportement) et économiques (emplois générés, retombées attendues des événements sportifs majeurs) ;
- les questions auxquelles est aujourd’hui confronté le sport sont plus complexes (concurrence internationale plus relevée, dérives à endiguer, recherches à conduire,…) et nécessitent une réelle capacité d’innovation.
Ces transformations bousculent aujourd’hui un mode d’organisation et de fonctionnement du sport hérité de l’après-guerre et de la nécessité de réorganiser le pays. Il ne s’agit pas ici de rejeter tout ce qui s’est fait jusqu’ici en matière sportive car les choix sont toujours induits par les circonstances de l‘époque. En revanche, partant de ce riche héritage qui a permis à la France de figurer parmi les plus grandes nations sportives, l’objet de cette contribution est de nourrir la réflexion et de porter au débat les nécessaires évolutions à aborder pour donner une nouvelle ambition, un nouvel élan au sport dans notre pays.
Jean Richard Germont

Inspecteur général au Ministère de la Jeunesse , des Sports et de la Vie associative, ancien directeur de l'INSEP
Stéphane Getten

Correspondant de presse
Aziz Raguig

Ancien champion du Monde de Boxe française
Philippe Rodet

Médecin urgentiste, Président de L'Elan Nouveau des Citoyens